Pourquoi tant d'acharnement à la place Meiser?
8 heures du matin, en semaine. Vue d’un immeuble de la place , la circulation est fluide. «Elle l’est généralement, quoi qu’on en dise», sourit Yvan Simoens, «la place Meiser n’est pas si embouteillée que ça». Il y a des embouteillages. Comme partout. Des conducteurs qui veulent absolument s’engager, passer, dépasser. Autre légende urbaine: l’indispensable tunnel qui désembouteillerait une place qui l’est moins que sa réputation le voudrait. «On parle toujours d’un tunnel pour le tram, longeant le boulevard. Là en fait où il n’y a guère de problèmes».
Dites plutôt la galère de la chaussée de Louvain!
«Par contre, l’autre sens n’est jamais abordé. Or la situation de la chaussée de Louvain est autrement plus problématique. Encore plus depuis que l’on y a aménagé un couloir pour le bus de Lijn. Et que, plus haut, l’avenue du Saphir est mise en sens unique. Un test! On ne peut plus la descendre pour rejoindre le boulevard en évitant la place Meiser. Ce qui engorge encore plus la chaussée réduite à une bande dans chaque sens».
«Entre la place Dailly et la place Meiser, il m’arrive de mettre un quart d’heure», tonne Caner Saglam! «C’est insupportable. Partout à Bruxelles, tout est fait pour les bus et les trams, sans penser aux gens qui veulent rentrer chez eux ou aller travailler et qui sont coincés dans les embouteillages. On se fiche de nous!». On pourrait aussi s’interroger sur la desserte de la chaussée de Louvain, entre Dailly et Paduwa: il n’y a rien en dehors des bus De Lijn, dont les horaires ne sont pas toujours adaptés aux besoins de la population locale. Mais c’est une autre histoire…
Ce tram 62, un vrai bonheur!
Quatre rues principales donnent place Meiser. Et deux dessertes latérales, le long du boulevard Wahis d’un côté, du boulevard Reyers de l’autre. Elle est bordée en son sommet par les larges boulevards et les rails de tram 7, traversée en diagonale par le tram 25, et longée sur un côté par le tram 62. Il faut suivre… Le tram 62 s’empresse de rejoindre le site du tram 7, direction Wahis (Lambermont). Quand il ne boque pas longuement la circulation du côté de l’avenue Cambier, grâce à son propre feu de signalisation. Il suffirait de le reculer de 3 m pour que le tram s’immobilise entièrement sur son site propre sans gêner la circulation. Elémentaire….
Les commerçants souffrent!
«Une cinquantaine de places de parking supprimées, les trottoirs du carrefour agrandis sans utilité: les clients de passage, qui s’arrêtaient 30 secondes ne viennent plus», déplore Christophe, de la librairie Ex Libris, sur la place. «Nous en avons perdu une cinquantaine par jour. Ces aménagements sont une vraie catastrophe. Tout le quartier en souffre. Il est en train de mourir!».
Ni pour les piétons
Les piétons ne sont pas plus gâtés, obligés de slalomer entre des barrières de protection pour rejoindre l’autre côté de la place. Les quais du tram sont tellement longs que certains préfèrent longer carrément le bord de la place. A leurs risques et périls. Les taximen ne sont pas plus contents de leur nouveau parking, entre l’avenue Cambier et la desserte: trop loin, trop peu visibles! Alors ils se garent naturellement dans le bas de la place…
Tourner avenue Cambier? Non merci!
Un panneau interdit formellement d’accéder à la place Meiser en venant de la desserte du boulevard Wahis. Les véhicules sont obligés de tourner à droite, et de s’engouffrer dans l’avenue Cambier, qui n’en demandait sûrement pas tant. Personne évidemment ne respecte l’interdiction, à moins d’avoir une bonne raison pour le faire. Ceux qui veulent aller place Meiser y vont. En double file . Quitte à gêner le passage des véhicules sortant de la place Meiser. Mais entre automobilistes, on se comprend quand on ne joue pas les gros bras… Même la police n’y fait même plus attention.
La traversée du boulevard Reyers est sécurisée
Il y a quand même un point positif place Meiser. Le phasage des feux du boulevard Reyers et de nouveaux traçages au sol interdisent à ceux qui veulent s’engager dans la place de bloquer le passage des usagers du boulevard Wahis (Lambermont), dans l’autre sens. Une mesure de bon sens, peu coûteuse, qui fluidifie le trafic: cela existe donc!
Où sont passés les parkings?!
«Voiture» devient sans doute un gros mot… et les automobilistes des grossiers personnages qui n’ont pas leur place en ville. Les emplacements de parking disparaissent régulièrement. Dans les rues adjacentes, des potiquets règlementairement placés interdisent toute velléité de se garer sauvagement au coin des rues. Ou moins de 5 m avant ces coins. Résultat, on s’y gare très sauvagement. Le long de la chaussée. Et tant pis si ça gêne… «Tout est fait pour embêter les conducteurs», conclut Yvan Syemons. «Mais pourquoi alors les laisser acheter des véhicules et payer beaucoup de taxes, si c’est pour les empêcher de les utiliser? Pourquoi ne pas limiter les immatriculations ou instaurer un péage comme cela se fait dans d’autres grandes villes?».
Anne GILAIN
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